Colloque sur les cliniques juridiques

Photo colloque       

« Le droit a une force et une vertu qui va au-delà de la technique ; il convient de faire du droit le plus puissant levier de l’égalité. » Défenseur des Droits, Jacques TOUBON.

Ce vendredi 19 février, le Juris Club était présent au colloque « A qui appartient le droit ? », portant sur les cliniques juridiques, les professionnels du droit et l’accès au droit, organisé conjointement par l’Université Nanterre Paris Ouest La Défense et Sciences Po Paris.
Face à la diversité du phénomène que sont les cliniques juridiques, les intervenants se sont interrogés sur les objectifs de ces cliniques, leur intérêt dans l’accès au droit et la professionnalisation des étudiants. Des professeurs de différentes facultés et écoles (Clinique de Droit de Sciences Po, EUCLID de Nanterre Paris Ouest La Défense, la Clinique de droit de Paris 8, de Bordeaux, de Turin…) ainsi que des professionnels (Défenseurs des Droits, magistrats, avocats) étaient présents et ont exposés leurs avis sur ce phénomène.

M. Jacques TOUBON, Défenseur des Droits a introduit le débat de cette journée en mettant en avant le paradoxe entre l’importance du droit dans la création de rapports sociaux ainsi que dans la structure de notre société, et la faible quantité de personnes ayant eu la chance d’étudier le droit et le comprendre. Les cliniques juridiques sont une façon de traduire cette préoccupation.

Cette journée a été rythmée par deux études principales : La matinée était consacrée à une réflexion autour des cliniques du droit et de la professionnalisation des études juridiques.  La question de l’action des cliniques et l’accès au droit a, quant à elle, été soulevé dans l’après midi.

    • L’intérêt des cliniques du droit dans la professionnalisation des étudiants

Le concept de la clinique juridique puise son origine dans le modèle américain ayant pour principal objectif un dépassement de l’aspect théorique du droit pour un enseignement fondé sur la pratique. Ainsi, de nombreux apports naissent en faveur des étudiants de part cette mise en pratique du droit :
– Une prise de conscience des étudiants de leur savoir sur le droit et une confrontation avec le désordre de la pratique lorsqu’un cas leur est soumis. Un intervenant souligne d’ailleurs cet enjeu nécessitant la conciliation d’un savoir et d’un savoir faire en pratique.
Une responsabilisation des étudiants
Une rencontre pluridisciplinaire : des techniques empruntées à la psychologie et la sociologie se révèlent utiles pour mener des entretiens. De ces échanges et de cette confrontation à la pratique, nait une véritable prise en compte de la complexité des rapports sociaux, des enjeux de politiques publiques et de pouvoirs.
– La clinique constitue un véritable sas pour les étudiants, un intermédiaire entre d’une part la faculté dans laquelle ils prennent le droit et la vie professionnelle a laquelle ils vont être confrontés.

    • L’intérêt des cliniques du droit dans l’accès au droit

Les cliniques permettent aux personnes d’être acteurs de leurs droits en leur permettant de les exprimer. La fonction sociale des cliniques juridiques est donc de promouvoir l’accès au droit. Le fait que les cliniques se situent au sein de L’université présente un intérêt : celui d’un lieu neutre et de confiance vers lequel les personnes en quête d’information juridique peuvent se tourner.
Les intervenants se sont cependant employés à souligner certaines limites sur l’activité même de ces cliniques juridiques :
– Certains intervenants considèrent que les cliniques ne devraient pas acquérir une place trop importante vis à vis d’autres associations ou des professions libérales.
– D’autres considèrent que les cliniques sont un lieu de formatage des étudiants à une profession type, celle des avocats entre autres.
– La conception de ce que devrait être une clinique de droit fait également débat : certains estiment que la recherche devrait être davantage mise au premier plan, tandis que d’autres militent pour plus d’action sociale.
– Un avocat, souligne également deux limites importantes : une limite matérielle tout d’abord : les cliniques ne sont pas habilitées à recevoir les personnes les plus vulnérables. Une limite de moyen dans un second temps. L’université n’offre pas toujours tous les ressources nécessaires à la bonne réalisation de l’activité des cliniques

  • En conclusion 

Photo colloque sicence poCe séminaire, riche en échanges et en rencontres avec les différents intervenants a permis à notre association de prendre en compte les différents enjeux et problématiques que soulèvent l’existence et l’activité d’une clinique juridique.
Si certaines des interventions laissent à penser que la clinique juridique est essentiellement un lieu de formation et de professionnalisation des étudiants, notre conception de ce que devrait être une clinique juridique diffère quelque peu sur ce point. L’aspect social mérite d’être largement soulevé. En effet, l’importance de la relation entre l’étudiant et le justiciable doit être évoquée : Concernant notamment la délivrance d’une information juridique; une bonne communication et une vulgarisation du droit est primordiale pour le justiciable. L’élève doit être capable de déchiffrer une information au préalable en la traduisant dans un langage commun. Le justiciable doit comprendre l’information délivrée sans quoi, la mission de la clinique se révèle être un échec

Il est difficile de prévoir l’influence prochaine des cliniques du droit dans la professionnalisation des études de droit notamment car c’est phénomène encore récent. Par ailleurs, on peut constater on peut constater que les naissances de ses cliniques ne sont pas uniformes : En effet elles présentent des formes et objectifs différents. Si certaines se tournent davantage vers une promotion de l’accès au droit par l’accueil de personnes et la délivrance d’une information juridique, d’autres se concentrent sur la formation pratique des étudiants et la recherche juridique.

L’association tient à remercier les organisateurs de ce colloque qui lui ont permis d’assister à cette journée de réflexion sur l’activité des cliniques juridiques, ainsi qu’à l’ensemble des intervenants.

Également, un grand merci aux membres de l’association présents au cours de cette journée pour leur investissement et pour leur aide à la rédaction de cet article.

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