Le JCPO est invité à débattre

Le JCPO était présent aujourd’hui à la maison des étudiants de l’université de Nanterre Paris Ouest la Défense dans le cadre du débat sur la lutte contre le sexisme.

Entouré d’une équipe enseignante, de militantes et d’une responsable d’une clinique juridique, l’association a pu partager son point de vue et apporter au débat des éléments relatifs au sexisme dans la vie étudiante.
Après une introduction par le médiateur de ce débat sur, notamment, l’origine et les enjeux d’une telle manifestation internationale, annuelle, qu’est la journée internationale du droit des femmes, la discussion a été organisé sous forme de trois idées principales :

Tout d’abord, il s’agissait de définir et de proposer les différents phénomènes du sexisme, présents au sein de notre société. Pour cela, nous nous sommes amenés à examiner les différents domaines dans lesquels le sexisme pouvait apparaitre. Aussi bien au travail, qu’en société ou en entre amis, le sexisme est présent/dissimulé sous  différentes formes ; il peut être introduit dans des propos tendants à la rigolade, mais aussi être introduit dans des propos plus agressifs, violents tendants volontairement à toucher la victime et la rendre vulnérable. Aussi, des stéréotypes apparaissent dans certains discours et contribuent à dégrader l’image de la femme en la stigmatisant avec des généralités (des taches dont les femmes feraient l’objet d’une entière exclusivité quant à leur réalisation telles que faire le ménage ou encore la cuisine).
Au sein de la vie étudiante, nous avons remarqué l’existence d’un sexisme émanant principalement tout d’abord d’étudiants entre étudiants (soirées étudiantes qui se finissent par des viols, des humiliations) mais aussi des professeurs envers les étudiants. Ces derniers peuvent, de prime abord, tenir des propos qui, sur le ton de la rigolade, peuvent sembler anodins mais qui au fur et à mesure de leurs utilisations dans un tel contexte, tendent à questionner les victimes directes ou indirectes de ces propos sur l’image même qu’elle perçoivent de l’enseignement. Egalement, beaucoup d’étudiants sont affectés par ses propos et leur personne même est perturbée. Les intervenants ont souligné la nécessité pour eux que de combattre ce problème à la source car ce type de sexisme n’est pas un cas isolé.

Dans le cadre de la deuxième et troisième partie du débat, les intervenants se sont employés à proposer des solutions pour faire face, en pratique mais aussi par des moyens juridiques, au sexisme et limiter voir éradiquer sa présence dans notre vie quotidienne.
Des intervenants ont soulevé, en lien avec le rapport rendu par B. Gresy sur le sexisme dans le monde du travail, la nécessité de mettre en place une éducation, dés l’éveil de l’Homme. Cette dernière ne devant pas être fondée sur des apriori sexistes comme par exemple, dire que les filles aiment le rose et exclusivement jouer à la poupée et que les garçons n’aiment que le bleu et veulent essentiellement jouer au mécanicien. Bien au contraire, l’idée est de promouvoir la diversité de l’activité des jeunes enfants afin de ne pas les prédestiner à une seule et unique issue (professionnelle ou sociale) déterminée en fonction de leur condition d’homme ou de femme. Il apparait en effet que certaines professions sont plus féminisées que d’autres : les professions ayant trait à la prise de parole, la communication seront occupées par davantage des femmes que des hommes. A l’inverse, les professions nécessitant des constructions, ou encore mettant en jeu un certain pouvoir seront occupés essentiellement par des hommes.

Dans le cadre du sexisme au travail, l’une des intervenantes de l’équipe enseignante nous a exposé la nouvelle définition de l’agissement sexiste prévu par la loi Rebsamen du 17 Aout 2015 définition qui pose problème dans son interprétation par les juges car considéré comme trop « large ». L’article L 1142-2-1 du Code du Travail dispose que : « Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. »
L’interprétation de cet définition soulève deux problématiques principales : Le juge, lorsque ce dernier est soumis à un cas, doit-il faire preuve d’objectivité dans l’interprétation des faits ou de subjectivité en tenant compte de circonstances particulières dans lesquelles se sont déroulés les faits d’espèce ?
Si les intervenants s’accordent à considérer que le monde du travail « cristallise » le sexisme, d’autres attachent une importance particulière à l’accès au droit et à l’importance de l’information des victimes.
Souvent victimes de pressions sociales ou encore familiales dans lesquelles elles sont confinées, les femmes ne se tournent pas nécessairement vers une aide juridique et se convainquent parfois même que, si un tel fait est arrivé, c’est parce qu’elles y sont forcément pour quelque chose, « Qu’elles l’ont cherché ». Les cliniques juridiques jouent un rôle important dans l’information des victimes de leurs droits et permettent à ses dernières d’éviter que de tels actes se reproduisent en les orientant parfois vers des professionnels du droit afin de régler le cas.
En conclusion, nous pouvons dire que les échanges ont été riches et nous ont permis de constater qu’une prise de conscience collective est nécessaire afin de mettre en place des solutions pratiques et ainsi atténuer voir éradiquer toute forme de sexisme nuisant à la santé physique et mentale de notre société.

L’association tient vivement à remercier l’université et plus particulièrement, le département de la « Mission égalité femmes hommes » pour l’avoir sollicité à participer à ce débat ! Ce fut une nouvelle fois, une expérience très enrichissante pour celle-ci.

L’équipe du JCPO

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